Oui, c’est la date de publication de mon roman !



Avertissement : Cet article truffé de remerciements pourrait évoquer la cérémonie des César. Il n’en est rien : sachez qu’ils sont sincères.
Roulement de tambour…
Silence.
5…
4…
3…
Me voilà à lancer mon compte à rebours personnel, Sophie Adenot de la littérature.
J’ai décidé d’autopublier mon roman, toute seule comme une grande, parce que oui, je suis grande. Deux ans d’écriture, autant de corrections et de coupes, des mois à contacter des éditeurs muets, prendront sens avec le partage de mon travail.
Que de chemin parcouru depuis ce jeudi matin du 6 août 2020 ! Assise à mon bureau au deuxième étage de notre maison de Mayence, j’ai ouvert un nouveau document Word. Le germe de la création enflait comme un levain depuis déjà longtemps. Nourris d’années d’expériences, d’inspirations et de rencontres, le premier mot et les suivants ont coulé. Sur la page virtuelle, des milliers de phrases ont poussé, emmêlées aux lianes des doutes, guidées par les tuteurs des fulgurances.
J’ai guetté les premières feuilles, les premiers chapitres, ôté les mauvaises herbes dès leur apparition, et soupiré de soulagement en apposant le point final au premier “premier jet”. Avant de décider de tout recommencer. De recommencer encore, surtout le début. De relire. Et de réécrire. Relire encore en créant à chaque fois une nouvelle version du document, nommée de façon hâtive, Version-du-5-octobre-new. Puis Version-du-30-novembre-new-new, puis Version-du-6-janvier-new-avec-nouveau-début… Combien se sont entassées selon un rythme aléatoire dans un dossier nommé Archives et dans un disque dur externe rouge, poussées par le dernier opus ? Le parcours créatif s’empêtre dans les fils d’idées-papillons à saisir dès leur éclosion, dans un bloc Rhodia, avec un feutre qui marche mal, sur un coin de table en se brossant les dents.

La bêta lecture d’Armelle m’a encouragée. Patricia de Mayence a confirmé la première version convenable. Hélène a semé accents circonflexes, guillemets et virgules dans un texte ultérieur. Merci à toutes les trois. Une page après l’autre, j’ai confié ce long texte, à la moulinette du super traitement de texte Antidote. Et je l’ai lu, relu, rerelu. À chaque lecture, lecture-new, lecture-new-new, des coquilles me sautaient aux yeux. Je corrigeais, réécrivais, coupais. Enfin une version a reçu le baptême suprême. Promue manuscrit, elle évolua en manuscrit-new, manuscrit-new-new, manuscrit-définitif-d’aujourd’hui-à-ne-pas-confondre-avec-celui-d’hier…
Je l’ai envoyée dans le vide à quelques éditeurs. Quelques mois plus tard, une nouvelle fournée d’envois se sont envolés par mail et par la poste, en lourds colis de pages A4 à interligne 1,5 en police 12. Lorsque miracle, une maison d’édition m’a répondu, j’en ai suffoqué toute la soirée sur mon lit, incapable de parler. Ces milliers de mots sur le point de s’échapper de moi me coupaient la parole.
2…
J’ai relu le contrat proposé et retravaillé le manuscrit, afin de limiter les inévitables corrections sur les épreuves finales. Attendu que la maison d’édition réponde à mes questions et suggestions sur le contrat, me propose une couverture, un plan de communication, même succinct. À quelques jours de la date de publication prévue en octobre 2024, je n’avais toujours rien reçu. En colère en raison du manque de respect accordé à mon travail, j’ai refermé la porte entr’ouverte et repris mon texte. Mes lecteurs fidèles, merci à eux, le savent. Si je dois tout faire toute seule, autant garder les mains libres. Décidément les codes de la planète éditoriale française m’échappent. Serait-il temps d’inventer un autre modèle pour faire vivre les histoires ?
Après avoir hésité, je suis revenue à mon premier titre, plus explicite pour le lecteur. Un nouveau répertoire a été créé pour héberger la version-new-new-new-new, que je sauvegarderai sur ce fichu disque dur rouge lorsqu’il réapparaitra. En attendant, comme je me méfie du Cloud, je vais me l’envoyer par mail.

L’écriture, travail infini, doit pourtant s’achever. J’ai poursuivi mon élagage jusqu’au moment où le fruit mûr menaçait de pourrir sur l’arbre, de tomber et d’éclater dans l’herbe. Sisyphe râle. Mon mal de dos depuis début janvier m’a tapé sur l’épaule : « Eh, il est temps relâcher les vannes, ton bébé veut naître. »
Son insistance m’a jetée dans les bras de la décision lucide : « N’attends pas la fin du délai annoncé depuis les derniers envois à de nouveaux éditeurs. Ensevelis sous des montagnes de manuscrits, ils n’ouvriront sans doute pas le tien. Agis. » À l’appel d’un numéro inconnu, mon cœur naïf sursaute : ça y est, une maison d’édition sérieuse a lu et adoré mon texte. Ils m’envoient un contrat tout de suite, avec droits d’adaptation à Hollywood ! Je décroche et j’entends : « Allo, c’est votre livreur Auchan… ».
Au moment où j’écris ces lignes, mon téléphone vibre. Un texto m’annonce qu’un colis vient d’être livré dans ma boîte aux lettres. La maquette-new-new-new-new !
Depuis quelques temps déjà, je défriche avec curiosité le parcours de l’autoédition et le marché en essayant de contourner les plateformes chausse-trappes. J’ai tâtonné chez l’une qui me demandait des sommes folles pour m’aider à concevoir l’objet livre, tâche que j’avais déjà accomplie. Une autre, me fait miroiter un forfait à 39 € pour prendre en charge impression et distribution, avant de m’annoncer que chaque maquette me coûtera 49 € et que le prix auquel me serait vendu mes exemplaires est supérieur à celui auquel je souhaite commercialiser mon livre.
Pour apprivoiser l’outil choisi, j’ai chargé des dizaines de versions de mon manuscrit dans un logiciel, avec chacune, un nombre décroissant de coquilles. En ce qui concerne la couverture, j’avais une idée précise de l’effet désiré – émotion, tonus et espièglerie – et du visuel que je souhaitais utiliser. Des dizaines d’essais ont été nécessaires pour l’atteindre. Merci aux amies qui se sont prêtées au jeu du questionnaire sur les couleurs, polices, et mises en page. Grâce à leurs retours, mes idées ont maturé. La couverture est choisie.

Me voilà donc avec, entre les mains, un livre avec lequel je me sens alignée, dedans, dehors. Malgré l’impatience de partager, les doutes germent, ce chiendent de l’art. Je les arrache, les offre aux oiseaux. Une nuée de « Et si » s’envole… Pour ne pas les entendre crier, je me recentre sur les tâches élémentaires. Faire chauffer la bouilloire, me verser un mug d’eau chaude (oui l’après-midi seulement je bois du thé), monter à mon bureau, ouvrir la fenêtre, dans la lumière de mon soleil artificiel, allumer mon ordinateur, et ouvrir un tableau Excel à onglets multiples pour organiser le lancement, la promotion, la participation à des salons… Les colonnes, les lignes et les cases se remplissent et se stabilisent, pavent un sentier dans la jungle des réseaux sociaux, des menus déroulants dans lesquels je ne sais quoi cocher — ce qui est un comble pour le sujet de mon livre. Dans quelles rubriques le ranger ?
Lors d’une douce semaine de vacances avec une amie très chère (merci pour son invitation et sa compagnie) sur les bords de l’océan, je lui ai confié la maquette-new-new-new-avant-dernière-peut-être. Au coin du brasier de son magnolia en gloire, j’ai corrigé les coquilles égarées qu’elle m’a signalées, et suivi avec émotion la progression de son marque-page. Ce partage symbolise la fin d’une phase et l’imminence d’une autre.
Son seul avis m’aurait convaincu si mon corps ne l’avait pas fait depuis début janvier. Un projet créatif qui se sait achevé, frémit, trépigne, force la porte de sa cage, exige de déployer ses ailes. Je n’avais pas réalisé à quel point un texte est une matière vivante, qui réclame la rencontre avec l’âme du lecteur. De son côté, sa créatrice a besoin de s’en libérer pour laisser grandir les livres suivants. Pour conjurer la fausse couche d’octobre 2024 et honorer mon travail, j’ai fixé l’échéance de mon accouchement.
C’est donc avec une exaltation plus grande encore que ma trouille,
que je vous annonce la publication de mon roman
le mercredi 1er avril prochain.
La date symbolique du 8 mars m’aurait plue mais le délai est trop court. Mon livre n’est pas un poisson accroché au dos du lecteur. Cependant le clin d‘œil du 1er avril, date dont les farces rappellent combien la vie est un jeu éphémère, me fait sourire. Autant embrasser l’aventure à fond, monter sur le grand huit et, en retenant son souffle, cliquer sur publier.
Puis fuir se cacher sous le lit, entre les haltères de mon mari et la boîte de mes vêtements d’été.
Pour répondre de façon minimaliste mais sérieuse aux règles du jeu actuelles, j’ai demandé l’aide d’une IA pour décomposer les tâches de mon rétroplanning. Le marketing hard me rebute : je ne vous noierai pas sous le storytelling ou les comptes à rebours. Cependant, pour mettre toutes les chances du côté de ce livre décidément affranchi, les algorithmes de la plateforme d’autoédition réclament ventes et commentaires dès l’entrée en scène.
Pour cela, je recherche quelques lecteurs en avant-première.
Les modalités sont simples. Je leur enverrai une version Kindle ou PDF. Le 1er avril, ils achèteront le livre en ligne (en papier s’ils le souhaitent, ou en version digitale à un prix très bas), condition pour inscrire un commentaire.
Candidates et candidats à la lecture printanière, envoyez-moi un message en commentaire.
1…
1 comme 1er avril. Je te guette et tâcherai de ne pas te laisser me glisser entre les doigts.
Si j’y arrive ;o)
À suivre donc…

Je suis volontaire , bien évidemment ! Hâte de te lire 🌺
Merci beaucoup Hélène. Quelque chose me disait que tu allais effectivement lever le doigt !
Je reviens vers toi par ailleurs.
Bises
Estelle
Coucou Estelle, félicitations pour ton livre auto-publié ! Hourra !
Je l’achèterai et le lirai avec plaisir le moment venu, et je laisserai volontiers un commentaire quelque part, mais je ne pourrai malheureusement pas le faire à temps pour le 1er avril.
Si tu annonces ton texte sur Instagram, je pourrais te mettre en lien avec @cecilemrnt, une grande lectrice qui a beaucoup d’abonnés et dont les conseils de lecture m’ont souvent enthousiasmée !
Bises
Christiane
Chère Estelle, quelle belle nouvelle ! Longue vie à ton livre !
Merci beaucoup Claire !
C’est très gentil.
Bises
Mais félicitations Estelle!!! Je suis très heureuse pour toi, tu dois être soulagée et tellement contente (et flippée aussi, bien sûr!)
Tu peux compter sur moi pour lire ton livre en avant-première et laisser un commentaire, je serais ravie de contribuer à booster la mise en vente!
à bientôt,
Céline
Merci, merci Céline !
C’est très sympa !
Je te recontacte avec le livre :o)
Je t’embrasse.