Cinq jours de marche autour de Belle-Île-en-Mer



Me voilà de retour d’une semaine bretonne à crapahuter sur le sentier côtier de Belle-Île-en-Mer. 5 jours, 80 km, 2800 m de dénivelé positif. En général, les chiffres et leur engrenage vers la compétition me rebutent. Cependant ceux-là, je leur ferais presque la bise : ils réactivent la confiance en mon corps. Il arrive un âge où mettre un pied devant l’autre en terrain escarpé ne va plus de soi.
Enjamber l’espace entre le quai et le marchepied du TGV en chaussures de randonnée signe le début de l’aventure. Dans le sac, j’ai glissé un gel douche et une crème pour le corps inédits pour les associer à l’expérience et éviter de la polluer de vécus antérieurs. Dans le sillage ébloui de la marche itinérante d’octobre dans les Baronnies, mon mari ma benjamine et moi avons choisi de repartir sur les sentiers aux vacances de Pâques. Pour épargner mon dos convalescent, j’ai opté pour une formule qui limite le poids transporté, et permet, le cas échéant, de sauter une étape. Belle-Île ne laisse guère de choix : à moins de transporter sa tente comme les jeunes gens croisés (et de bivouaquer en cachette), la majorité des étapes n’offrent aucun gîte. Nous avons donc réservé le séjour rando d’un petit hôtel du Palais qui propose à vingt marcheurs, dans une ambiance de colo, l’organisation des pique-niques et des navettes pour les ramener le matin à l’endroit où elle les a récupérés la veille. Nous le rejoignons en bateau-navette depuis Vannes. Nous allons boucler la boucle mais en étoile.

Voilà longtemps que je rêvais de parcourir le sentier des douaniers breton. Parmi les différentes options, Belle-Île s’était imposée : le souvenir lointain d’une escale en voilier avec mon père m’avait donné envie d’y revenir. La magie de quitter le continent et la satisfaction de réaliser une boucle nous ont convaincus. Partir sur une île, nous le faisons à chaque passage de la Manche, mais les dimensions de la Grande-Bretagne le font volontiers oublier (jusqu’à l’occasionnelle fermeture intempestive du tunnel). À peine arrivés sur cette île de Petite-Bretagne, la rengaine de la chanson de Laurent Voulzy s’enclenche et m’agace. D’ailleurs, pourquoi dit-on Belle-Île-en-Mer ? On ne dit pas Quiberon-en-terre.
Mon ordinateur, emporté au cas où mon corps choisirait l’immobilité, est resté fermé. J’ai glané pour vous des impressions dans mon carnet à fleurs.
Belle-Île, destination privilégiée, a été préservée des assauts humains. Son littoral reste sauvage, aucune poubelle ne ponctue les plages, aucun détritus ne dévisage les sentiers. Les visiteurs jouent le jeu des îliens : limiter au maximum les déchets qui sont enfouis sur place (c’est donc possible). Seul le papier toilette dans l’herbe indique que quelqu’un s’est arrêté là avant nous, et qu’on s’est trompé de sentier. Les constructions neuves, peu nombreuses, respectent le style local : des petites maisons basses aux encadrements de fenêtres et volets colorés. Combien de temps l’évolution et ses travers vont-ils retenir leur souffle ? Les prix de l’immobilier flambent, attisés par la pandémie et la généralisation du travail à domicile. Les locations saisonnières affichent des tarifs rédhibitoires. Certains visiteurs aux vêtements luxueux dénotent avec le style décontracté des locaux et de la majorité des touristes. L’inflation menace-t-elle d’évincer les îliens ?

Toujours curieuse des choix de vie originaux, je m’enquiers auprès de la dame de l’hôtel sur la raison de son installation au large du continent. Elle me répond que sa grand-mère était belliloise et qu’elle est revenue, au début de sa vie active, sur la terre de ses ancêtres. Comme un tiers des insulaires, elle descend des Acadiens. En 1756, 78 familles acadiennes se sont établies sur l’île en 1765, après avoir été expulsées de Virginie puis d’Angleterre. Guerres et traités entre puissances dominantes ont scellé leur déportation. Louis XV a confié à ces immigrants la mission de repeupler Belle-Île, que l’occupation anglaise avait dévastée. L’histoire locale est imprégnée de celle de Canadiens, issus de Français émigrés au Nouveau-Monde et finalement revenus. Au mur de la salle du café, je photographie la carte d’Acadie du XVIIe siècle, et les territoires amérindiens aux noms poétiques et mystérieux : Abénaquis, Etchemins, Micmacs.

Pendant cinq jours à l’aplomb de la falaise, nous sommes montés et descendus. Remontés. Et redescendus. L’île trompe le visiteur sportif. Son profil faussement plat est vallonné de bocages, entretenus par une agriculture extensive, des vaches, des moutons et du maraîchage. Elle exige des marcheurs qui longent l’océan de quitter souvent le plateau pour la grève, afin de traverser les brèches chantantes des ruisseaux. Sur le sentier très bien entretenu, des marches sont taillées dans la terre, retenues par des planches. Cependant les pentes raides restent glissantes et dangereuses sous la pluie. Les tronçons trop exposés, et menacés d’effondrement par l’érosion, sont retracés à quelques mètres vers l’intérieur. Dans ces parenthèses, le sol s’ameublit, couvert de fougères sèches et broussailles taillées. Certains « passages pétoches » frôlent le vide : j’y ai frissonné et marché en crabe, le plus près possible du flanc sécurisant, attrapé une main rassurante, détourné le regard, sans tout à fait fermer les yeux. Une clôture symbolique en fil de fer bas matérialise les zones en restauration végétale, que le touriste est prié de s’abstenir d’enjamber. Pour être autorisé à piétiner l’herbe rase à la pointe nord-ouest, s’équiper d’un club de golf.

Les deux premiers jours tempétueux éprouvent notre coupe-vent et le nouveau poncho (celui des Baronnies, déchiré, a fini à la poubelle). Mes cheveux s’emmêlent en nid de pie et j’enfile un bonnet. Pour la suite du parcours, le soleil chasse les nuages, les combes chauffent et les visages rougissent. Le bras droit, cramé malgré la crème solaire, indique dans quel sens la randonneuse tourne autour de l’île.

Nous baignons dans une symphonie marine, entre les basses du fracas des rouleaux qui se brisent au pied des falaises, et le piccolo de l’alouette, le métronome du ressac, le froissement des roseaux, le sifflement du vent, le cri rauque des faisans. Nous tutoyons les goélands dont nous observons le vol, comme une autre année, celui d’un faucon crécerelle sur les falaises de craie de la côte sud de l’Angleterre.

Le paysage s’échelonne sur les versants en fonction de l’exposition et des jours. Les pruneliers en fleurs le mardi, seront en feuille sur la fin. Les asphodèles, en bouton à notre départ, commencent à faner dans les versants abrités. Les landes nues, soufflées par un vent continu, se hérissent de bois de pins et de cyprès dans les plis abrités. Ailleurs, leur palette rose et vert des pompons du gazon d’Espagne, et des coussins mousseux du plantain caréné (non moi non plus je ne connaissais pas), s’émaille du violet de la consoude et de la sauge. Les vallons humides, dont on enjambe le ruisseau sur un pont rudimentaire en planches de bois, bouillonnent d’une végétation presque tropicale et les pentes rocheuses, jaunes d’ajoncs, dégagent un délicat parfum de noix de coco.
Côté sud, les falaises-arlequins, bigarrées de griffes de sorcières, cinéraires maritimes argentées et agaves pointus prennent un accent méditerranéen. Je n’ose pas trop les photographier, j’ai lu que ces plantes sont invasives en terre bretonne. Tu es très belle, mais tu n’as rien à faire ici. Allez, file !

À la lisière des rochers, des pentes herbeuses et douces, des prairies où les marguerites, minuscules tournesols, tournent le cœur vers le soleil, des pâturages à moutons et à vaches lèchent les criques. Soudain, les pieds dans le sable, entre océan et campagne d’autrefois, les goëlands dialoguent avec les grillons.
Une brume salée d’embruns s’envole et scintille dans le soleil. Le crachin semble à peine mouiller et soudain pourtant tout ce qui dépasse du coupe-vent est trempé. Après un pique-nique de taboulé et far aux pruneaux, je soulage mes pieds échauffés dans les vagues avec l’impression d’enfiler des chaussettes de glace, quand soudain la marée montante me prend de cours. Les vagues me chassent en riant. Le pantalon trempé séchera dans le vent.
Sur les dunes de la plage de Donnant, aux rouleaux courus par les surfeurs, la variété de la végétation surprend. La discipline de protection de la flore prouve son efficacité : le sable du sentier est noyé de part et d’autre sous des mousses, des rosiers sauvages ras, aux fleurs blanches ou roses. Dans les herbes sèches, les immortelles, dépourvues de fleurs encore, restent discrètes. Seul leur parfum les trahit. L’apparition de celui de la glycine dans le sillage des odeurs de boue, d’algues, d’herbes ou d’aubépine, indique l’arrivée dans un des rares villages. On se retrouve alors à croiser ses semblables en grappes, au café pour une tasse de thé. Après la relative solitude de la transhumance en file indienne, les relations avec les humains — les autres et soi-même — se colorent d’étonnement.

Jalouse de la tranquillité de nos vacances en famille, je redoute le « pot de colle » éventuel, l’individu qui, parti seul, mais ne l’assumant plus, déciderait de nous trouver bien sympathiques, nous attendrait le matin et s’adapterait à notre rythme, quelles que soient nos ruses pour mettre des heures et des pas entre lui et nous. Je suis soulagée lorsque, faute de place dans la salle commune, nous sommes installés pour le petit-déjeuner à une jolie table ronde en bois, dans la partie café de l’hôtel. Ça permet de converser – si l’humeur nous en dit – avec les dames de l’hôtel sans se voir imposer d’échanges. Cette table isolée, c’est ma sortie de secours. La navette vers le sentier, entièrement occupée, n’en a pas, mais je suis vite rassurée : sur cet éclat de terre, le trajet ne dure que quelques minutes. Chaque jour, nous commençons à marcher à 9 h 14.
Ma cervelle avide de nature sauvage rejoue pourtant les codes sociaux : elle se compare. « Non, mais, combien elle a pris de pantalons de rando celle-là pour être toujours propre ? » J’en ai emporté deux, et forcément, avant que la vague ne le nettoie de force, le bas de mon premier pantalon, qui a essuyé la pluie, reste boueux le matin quand je l’enfile.

Avez-vous remarqué comme dans chaque groupe, on retrouve un échantillon de personnalités assez représentatif de la variété sociale : le/la drôle, le/la râleur-se, le/la je-sais-tout, le/la grand-e, le/la petit-e, etc. ? Les rôles se répartissent et se redistribuent en fonction des participants. L’hôtelière m’explique redouter les grands groupes constitués, car « les groupes c’est la maternelle ». Je suis parfaitement d’accord avec elle. Lorsqu’en randonnée, je m’exclame, à haute voix je le crains : « Non, mais t’as vu, elle a pris un œuf dur pour son déjeuner, elle ! C’est dégueu… » Dans la glissade vers la maternelle, je me rattrape à la grille de la cour de récré.
Mon cerveau juge l’homme qui, en apprenant l’horaire de retour de la navette, répond « ça ne nous arrange pas ». Non, mais écoute-le, lui ! Pour qui il se prend ? Bavard, fier de sa masculinité, il se présente, malgré sa femme discrète, comme un bon candidat au « pot-de-collisme ». Ma fille l’a baptisé Kristof et nous le fuyons activement. Un autre monsieur, que je vois sortir des toilettes un matin, avec à la main, en équilibre, sa boîte de repas, une banane et une fourchette, se voit appelé Toiletman. À quelles extrémités la peur de se voir piquer sa bouffe peut-elle mener ? Je note mentalement de surveiller mes réflexes archaïques.

Comme nous arrivons tous les vingt au départ de notre journée de marche en même temps (à 9 h 14 donc), le défi, pour rester indépendants, est de se séparer du collectif. Soit en fonçant — la technique de ma fille — soit en se laissant distancer — la mienne le deuxième jour lorsque les talons me font souffrir. Mais chaque groupe trouve son rythme, et se répartit sur le sentier, dans le même ordre ou presque chaque jour, ce qui nous donne un repère sur notre avancée. La famille avec le chien est-elle passée ? Et les deux papys en short ? Attention, vite, voilà Kristof.
Sur l’étroit sentier, entre ceux qui montent, ceux qui descendent, ceux qui courent, et ceux qui marchent, les polis et les autres, les codes sociaux se rejouent à chaque croisement. Le coureur attend du marcheur qu’il interrompe son élan pour le laisser passer dans une logique d’ascendant indépendante du souffle. Il semblerait que la vitesse et le lycra bénéficient de la priorité. Certains remercient, d’autres pas. Certains se décalent spontanément, d’autres s’imposent. Sur un mètre carré de terre et de rocher, les enjeux de pouvoir entre deux humains restent les mêmes qu’en ville.

Et puis il y a les champions du monde. Ceux qui se postent à l’extrémité du surplomb, au-dessus du précipice, là où un petit panneau avec un dessin pour les analphabètes prévient que c’est dangereux, au cas où on ne s’en serait pas rendu compte seul. Ils avancent au-delà du sentier, de la clôture en fil de fer, du panneau, au-delà de tout. Ils se baissent, se relèvent, dans une chorégraphie de la mise au point et du cadrage, concentrés sur leur téléphone. Le cliché sera sans doute bien meilleur à l’aplomb du vide qu’en retrait à deux mètres de là. Que faut-il faire ? Les rappeler à la raison et à la sécurité au risque de les faire sursauter ? Je repense au Darwin Award, dont mon mari m’a parlé, un prix anglais humoristique attribué, de façon posthume bien sûr, à la mort la plus bête.
Je m’observe évaluer autrui, me situer par rapport à lui de façon réflexe, puis m’égarer dans des scénarios catastrophes : et si l’un de nous chute de la falaise ? Vais-je moi aussi contribuer à la sélection naturelle ? Je tire sur la laisse de mon cerveau pour le ramener aux explosions des rouleaux à mes pieds. Chut laisse-moi revenir, vivante, au feu d’artifice des falaises déchiquetées de mer et de ciel.

Alors je m’arrête.
La topographie exige une pause pour admirer le paysage. Quand on marche, on regarde où on met les pieds. La tête baissée, les chants de la nature et ses parfums nous habitent. Seule la pause dans l’effort, la tête relevée, autorise l’accueil de la foudre de la beauté.
Soudain, dans une descente, au détour d’un tunnel d’ajoncs et de ronces, une musique se fait entendre. Tiens, c’est quoi ? C’est joli… (Eh non, ce n’est pas Laurent Voulzy).
I can still recall, our last summer…
Mais ça vient d’où ? De moi ?
Mon téléphone, que je range et sors sans arrêt de la poche de mon pantalon pour immortaliser le paysage, enclenche Spotify sans que je ne lui aie rien demandé. La première fois, je mets ça sur le compte de ma fille en Guyane qui, souhaitant écouter de la musique, et pour une raison qui m’échappe, aurait réanimé le morceau entamé.
Je vérifie. Spotify est inactif.
Those crazy years…

Quoi encore ? Pourtant, pourtant, j’ai tout fermé.
…that was the time of the flower power…
Et ça recommence. Moi qui ai râlé contre des blagues trop fortes dans la cage d’escalier, je me retrouve dans le rôle de l’empoisonneuse de silence. Sourire gêné. Euh, je n’y suis pour rien.
J’arrête et redémarre mon téléphone.
I can still recall our last summer…
Lors de notre périple dans les Baronnies, un soir, le téléphone de ma fille s’était mis à vibrer en continu, même éteint. Il avait passé la nuit consigné dans la salle de bains, enveloppé d’une serviette. Là c’est le mien qui dérape…
Living for a day, worries far away…
Éclats de rire sur fond de Abba. Soit, Colin Firth et la bande de Mamma Mia nous accompagneront. C’est mieux que la rengaine de Voulzy. Désormais cette chanson aura le pouvoir magique de ressusciter une journée sur des falaises ensoleillées d’ajoncs, rythmée par le ressac de l’océan.
Convoitée pour son eau douce, son emplacement stratégique et ses ressources, la côte de Belle-Île porte les stigmates de plusieurs phases de fortifications : la citadelle Vauban du Palais, les fortins, châteaux forts miniatures, avec meurtrières et pont-levis, les bunkers du Mur de l’Atlantique, dont les ramifications souterraines affleurent avec des trous d’observation et des escaliers plongeant dans le rocher sous le lierre. Difficile d’imaginer des bottes de soldats piétiner la beauté… Pourtant sa mission protectrice perdure : une base militaire en activité prévient sur son grillage qu’il est interdit de la photographier. Un hélicoptère manœuvre en bord de côte et, en vol stationnaire, largue sur un îlot, le long d’une corde, une douzaine de soldats, à raison d’un par seconde. Quelques minutes plus tard, il repart, la corde toujours pendue. Accrochés, espacés avec régularité, six soldats volent en grappe. Subjugués, nous le racontons à notre a fille qui, partie devant, ne l’a pas vu : « Whaou ! J’aimerais trop faire ça ! ». À l’aide !

L’architecture militaire des siècles passés est détournée. Quelques fortins convertis en villa gardent désormais les hamacs du jardin. Le plus célèbre, à la pointe des Poulains, fut la propriété de Sarah Bernhardt, divine excentrique, artiste fabuleuse. Devenue musée, elle est meublée comme du temps de la grande dame. Nous nous hâtons de la visiter avant de prendre la navette. La fenêtre de sa chambre s’ouvre sur la côte déchiquetée et les tempêtes. Au fond de l’imposante cheminée de la salle à manger, s’affiche, dans le monogramme SB, sa devise « Quand même ». Je pose la main sur le granit de l’encadrement de la porte d’entrée, en espérant, par-dessus le siècle et le vent, toucher la main de Sarah. Et peut-être décider ma jeune pivoine, nommée d’après elle, à fleurir enfin.

Un après-midi nous rentrons en stop, pour la première fois. C’est un mode de déplacement banal sur ce territoire de poche solidaire, au réseau de transports en commun limité. Tous les jours nous nous requinquons avec une crêpe, du kouign-amann. Une deuxième crêpe. Sur le quai, lorsque mon téléphone capte à nouveau, en dégustant une glace locale, je consulte Plantnet : le sosie du « céleri sauvage », celui dont la vitamine C avait sauvé l’équipage de Magellan en Terre de Feu, est mortel.

Certains vacanciers ont enchaîné les deux dernières étapes, pour « partir plus tôt ». Je n’aurais pas pu et surtout, pourquoi ? La dernière journée, douce-amère, nous offre l’authentique expérience de l’île : marcher sur les traces de notre départ cinq jours plus tôt, sans jamais avoir quitté l’océan. Notre aventure s’achève, nous sommes heureux et fiers de l’avoir réalisée malgré les renâclements physiques. Il est rassurant de constater que le corps s’habitue à un nouveau rythme. Ce n’est qu’une fois revenus devant l’hôtel que ma fille déclare notre objectif atteint. Elle s’émeut « j’ai l’impression d’être en colo, je suis triste de partir. Tu vois, Toiletman, Kristof, on s’est inventé des histoires sur eux, ils vont me manquer. » Elle est sincère. À moi aussi notre échappée dans ce paradis nostalgique va me manquer.
Pourtant l’éblouissement de la marche au long cours rayonne encore de tant, tant de fleurs. Et je sais que je reviendrai, car à l’instar de la grande Sarah « J’aime venir […] dans cette île pittoresque, goûter tout le charme de sa beauté sauvage et grandiose. J’y puise sous son ciel vivifiant et reposant de nouvelles forces artistiques ».
Merci d’avoir randonné avec moi.
P.S. Pour écrire un passage de cet article, je réécoute Abba. Mon mari passe la tête à ma porte : « T’écoutes Abba ou c’est ton téléphone qui s’est déclenché ? »

Retour à Lyon. Retour à l’autre aventure, celle de la publication de mon livre. Merci de tout cœur pour vos lectures, vos achats, vos mots doux. Ils m’ont portée le long du sentier et continuent d’alimenter mon énergie.

Ce dimanche 26 avril, je serai au Salon du Livre d’Oullins-Pierre Bénite. On s’y retrouve ?
